Sèves Brutes | 3 | Présent -

Qu’y a t-il de plus volatile que le présent ?

Au bout de notre souffle, dans le mot qui se prépare à franchir nos lèvres il est encore le futur, l’inspiration après l’expiration, l’expiration après l’inspiration, le futur encore. Le mot d’avant, la phrase d’avant l’inspire précédente, déjà le passé. Le clic de l’appareil photo immortalise ce qui passe. Le présent vécu est pourtant éternité.

A Arrêt sur l’Image Galerie, le présent se matérialise en un instant aléatoire entre ce qui se voit et ce qui n’apparait pas encore ou a déjà disparu. Mis ensemble la présence et l’absence, l’amour et la haine et tous les contraires se complètent. Le présent comme la somme du passé et du futur.

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Sèves Brutes | Ce soir | Passé Présent Passé -

C’est aujourd’hui que le temps se dévolie, je vous attends aujourd’hui Jeudi 17 mai 2018:

à 16:00 à Arrêt sur l’image Galerie et à 17:30 au Musée des Arts décoratifs et du Design de Bordeaux.

Je serais accompagnée par Marie Secret qui a organisé l’exposition, rodach_webstie Lamire Favre, fondatrice de Arrêt sur l’image Galerie, Constance Rubini, directrice du madd-bordeaux et Annabelle Grellier, directrice de la communication de Château Palmer, ainsi que de la fidèle équipe qui m’accompagne dans mes aventures.

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Sèves Brutes |2| La forte fragilité de ce qui vient -

Ce serait un texte sur une terre qui m’a accueillie et m’en a laissée révéler l’essence. Je suis venue avec de l’oxyde de fer et de la silicate de verre et mes compères Jean-François, Elad, Marie, Federica, Sally et Momo, pour dessiner la vie qui sous-tend ces terres bordelaises. Le projet semblait juste et les Hommes y souscrivaient. Mais je n’avais pas demandé aux sols leur avis et j’ai senti de l’appréhension sans pouvoir définir d’où elle venait. Les femmes l’ont perçu aussi et j’en ai été pétrifiée, remettant en cause tout le projet alors que nous étions déjà sur place. 

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Sèves Brutes |1| Ombre et lumière -

Je pars à Bordeaux explorer le  présent, le passé et le futur. Je croyais que ces trois temps seraient une façon de regarder ce qui nous traverse, le sang, l’eau, le spirituel, nos vies, mais il se peut que ce soit l’inverse.
 
Du passé il reste les traces, des empreintes, le présent se vit, nous y reviendrons d’ici le mois de mai. C’est du futur que je vais, en premier, vous entretenir, celui que je vais tenter de le capter dans les vignes du Château Palmer la semaine prochaine.

L’absence en nos pas -

Je voulais partager avec vous cette histoire, « L’absence en nos pas », née pour le pavillon Tunisien de la Biennale de Venise de cette année dont le thème était « The absence of path ».

Alors que la biennale a fermé, que l’année s’est achevée pour recommencer et que les chemins ont commencé à se dessiner, relisant les textes que j’avais écris, j’ai trouvé frappant combien ils s’inscrivent dans ce qui va suivre.

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Call Out | Franchir -

Le temps passe et j’ai pu le mesurer aux belles rencontres qui sont nées de Call Out. Avant que ne s’achève ce chapitre Call In/Call Out ce samedi 18 février à 18 heures, je vous propose de nous retrouver autour d’un verre de vin Jeudi 16 février de 18:00 à 20:30.

Nous pourrons regarder ce qui ne se voit pas, entendre ce que nous suggérons, découvrir des détails cachés, des textes symboliques, des reflets tus, des échos de ce qui nous habite et qu’ensemble nous pouvons libérer. Nous ferons des liens et des riens, nous serons ensemble et c’est ce qui compte. Suite…

de Call In à Call Out | libérer -

Assaf s’est assis sur une chaise face au mur dans un coin et a commencé à jouer un accord très lent et un peu triste. Je me suis mise à marcher doucement autours du cocon, Assaf a sifflé une ou deux fois,  avec un temps entre ses sifflements et j’ai ramassé  les fils rouges uns à un pour les tendre aux participants de cette cérémonie.
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Call in – Emerger – Invitation Sunday December 18th 4:30 -

Je ne vous ai pas abandonnés, je me suis effacée.

Ce qui s’est construit et exposé depuis le 18 novembre parle pour lui même.    Le cocon mis en verre par Andrew et moi même avec l’aide de Kalen, les installations rendues possibles par Jean-François et Elad, l’amour de Prune et de J. qui a inondé cette histoire, cet ensemble a pris possession de  l’espace magique qu’est la Cheminée et le coeur des visiteurs.
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Call In | Invitation -

Ces créations qui sont nées en moi viennent à vous dès vendredi pour une célébration de nos éclosions.

Autour d’un cocon en bois et verre, réalisé en collaboration avec Andrew Erdos, mon partenaire du Corning Museum of Glass, vous serez invités dans ce parcours dans le temps, L’avenir projeté, symbolisé par les vidéos « renommée ». Le passé, la mémoire fragmentaire témoignant de nos mues passées dans des livres décomposés et fragmentés.
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Passages du temps 3 : les commencements -

Ne s’inscrira que la dérision du temps. Celui que l’on compte, celui auquel on se réfère. Les dates choisies par les hommes pour la création de l’univers cherchent à apprivoiser l’infini, rendre vivantes les mythologies. Emprisonner le temps en dates, c’est donner sépulture à ce que nous a précédè. Nous laisser de la place pour continuer à avancer.
 

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Passage du temps – 2 – Adar 2 -

Je suis restée longtemps le stylet suspendu au dessus de la feuille blanche qui portait sur elle les vagues de mon indécision.
 
Pourtant ma main sait ce qu’elle doit faire, elle a déjà, à plusieurs reprise, dessiné des moments de vie, poinçonnant le papier de minuscules trous. Autant de trous que les jours des vies représentées, autant de trous que les minutes des mois figurés. Pourtant mon esprit sait qu’un dessein pré-existe à mon intention et qu’il s’inscrira même malgré elle. Suite…

Passage du temps – 1 -

Est-ce le moment ? Celui de partager ?  Vous raconter mes cheminements sur le temps. Tenter de répondre avec vous aux questions de son début et de sa fin. Notre époque s’emballe, avec beaucoup de vide et un peu de soleil aussi.
Alors nous arrêter ensemble pour regarder le temps, le questionner, lui demander où est notre place dans le grand système, du centre aux extrêmes, de la périphérie au plus profond du cœur.

Yama – 8 – Le réel -

Je me suis demandée ce que je devrais partager pour ce dernier post de la série Yama.


Devrais-je vous raconter la première, le succès, l’enthousiasme et l’inquiétude, les salles pleines, l’émotion, la mienne celle des spectateurs, les fleurs sur scène, la confrontation du réel au rêvé. Devrais-je, enfin, vous décrire le décor, le ciel menaçant et familier, le noir tour à tour léger et lourd, les cubes qui apparaissent, disparaissent, encadrent et contraignent, décrivent un monde intérieur et omniprésent.
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Yama – 7 – Devenir Spectateur -

Quand les lumières se sont rallumées,  je ne voulais plus partir. J’avais, pendant 4 jours fait corps avec le théâtre le décor et la danse. Le noir profond et velouté, les lumières chaudes et mouvantes tapissaient mon nid.A l’issue des quatre jours de répétition sur scène, où Noa et Rina ont construit des tableaux, associé les lumières, ajusté les transitions, coupé et réorganisé les scènes, une certaine forme de vérité s’est figée dont nous verrons la magie sur scène dès le 4 février.La tâche avait semblé insurmontable, le décor était un monstre que nous devions apprivoiser, pour le faire danser avec la scène, les lumières, les danseurs. Rina et Noa suivaient un fil que je ne voyais pas toujours, novice que je suis. Suite…

Yama 5 – Que nos lumières se rallument -

Juste avant que ne se finisse l’an païen je suis retournée en Israël sur les traces de ce qui va être. Nous sommes remontés sur scène. Depuis la fin novembre les cubes ont été construits, il leur manquait encore leurs robes, pour que la scène nous renseigne, nous leur en avons inventés. Les costumes, tribaux et sombres viennent souligner le moment de vie que les danseurs vont interpréter. Il n’est pas encore figé.

L’an chrétien, commencé et fini dans le sang, ne dictera pas l’humeur de cette pièce. S’il y fait nuit, les étoiles veillent. 

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Yama – 4 – Ce qui est possible -

Je rentre d’Israël où à eu lieu notre première répétition sur scène. Pour la magie du spectacle, je ne vous révélerais pas (encore) le monde que nous construisons, mais je partage avec vous la magie de la création. Comment une idée, un dessin, des intuitions conjuguées, beaucoup de confiance nous mènent. Je ne reviens pas sur les doutes, seulement sur les infinies petites voix qui nous guident.

Les images fugaces qui surgissent au cours de nos longues conversations avec Noa et sa soeur co-chorégraphe, Rina, les pages de mon carnet où sont consignées leur traduction en idées, ces pages que l’on tourne en arrière quand les idées reviennent encore et encore sans être éliminées. La semaine dernière en arrivant au village, tous les décors imaginés étaient encore envisagés, des gazes, des cercles, des mouvements latéraux et des mouvements verticaux, tout était possible, rien certain.

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Yama – 3 – De doutes en créations -

Je vous ai laissé avec mon dernier post, je  le sais , dans le doute. Vous vous êtes interrogés sur l’etat de mon moral, certains que l’histoire que je vous racontait ne pouvait avoir qu’une fin heureuse. Vous aviez tort et vous aviez raison.

Tort, car alors que je vous écrivais, j’avais déjà sur ma route reconnu tous ces gens, ces mains que je ne vois généralement pas, n’attrape généralement pas, de peur de me dissoudre. Ce tout nouveau chemin, que j’ai pris avec les décors est celui de la collaboration et du partage. Accepter de l’aide n’est plus disparaître. Muriel, Alexi, JeanF, Cathy, Tisa, Camille et tous ceux qui depuis des mois me prêtent leur savoir, leurs mots, leur temps et vous tous qui me rendez de l’amour, faites de ce projet, une histoire de vie et de sagesse. Alors que je vous écrivais la dernière fois, le doute avait créé en moi de nouveaux espaces d’accueil.

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Yama – 2 – Tensions et abandons -

Je suis partie vaillante et tremblante, guerrière et inquiète pleine de ce que je crois être (une artiste), vide de ce que je peux. Après un été de doutes paralysants où chaque idée se fracassait sur le mur du possible, j’avais finalement soumis à Noa un projet sur lequel nous travaillions, fait de gazes de rouges mouvant et je venais en Israel le confronter au réel de la scène et de la danse.

Ce fut un séjour d’abandons. Abandon du connu et abandon à l’inconnu. Les gazes n’ont pas domestiqué la scene, leurs couches superposées donnant en complexité ce qu’elles devaient simplifier. Rina, la soeur et interprète, chorégraphique, de Noa me disait que je devais faire un cadre aux danseurs, pour créer de la tension. Je ne comprenais pas. Suite…

Yama – 1 – Semer des utopies -

Me revoici, pleine de l’ébullition silencieuse de ces mois d’été, prête aux récoltes et aux partages. Les semis du printemps ont germé. Je m’apprête à retourner sur les terres qui dansent. Noa m’a demandée de créer les décors de son prochain spectacle, Yama. Il y est question d’eaux symboliques : de féminin et de masculin, tous sujets qui me questionnent depuis longtemps. Pourtant cette requête m’a mise en trouble. Se sont inscrites en moi des lignes indéchiffrables et indélébiles, séparant les temps, là où je croyais être et là où je vais, ce que je crois de ce que je suis, sans que je puisse me repérer entre l’avant de l’après le haut du bas, le réel et le reste. Suite…

Vertigo – 3 – Journal jour 2 et jour 3 -

Lundi 18 mai 18:17, le soulagement de la première journée achevée, un semblant de routine pour ne pas être totalement en dérive, des repères, la table d’où j’écris ces lignes, les branches ramassées puis posées sur une armoire pour pré-figurer la bibliothèque de l’institut francais. Les branches abandonnées après les avoir amassées, les feuilles qui fanent. Les plumes qui ne se laissent pas enfiler sur les fils de fer. L’impossibilité de faire tenir un si grand arbre dans une petite voiture, le nid qui n’en sera peut être pas un. Mais il faudra bien. Comme s’écrivent les pas de danse de Noa, dans le silence, chorégraphie en devenir, réverbérations de nos mondes croisées. Une nécessité appelée par une intuition, des petits cailloux jetés ça et la et se dessine un sens un contexte, qu’elle habille de musique et moi de mots. Elle fait partie des miens.

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Invisible Dog – 10 – Presentation, eclipse solaire -

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Mercredi dernier, Anne, Remy (depuis New Dehli) et moi avons temporairement arrêté le temps. De 17:31 à 21:37, nous avons concentré 28 jours écoulés et un à venir en présentant notre travail. L’espace de travail et de partage de l’Invisible Dog s’est changé en zone spatiale. Le temps d’une soirée, une centaine de visiteurs sont venus décrocher la lune avec nous. La somme de nos recherches et de nos rêves, les amorces de ce qui viendra et que nous ne connaissons pas encore et l’énergie et la curiosité visiteurs nous ont portés loin de Brooklyn.  Suite…

Invisible Dog – 8 – Pleine lune, eclipse de lune -

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Il semblerait que l’alignement des étoiles, la conjonction des astres de ces derniers jours, de ces dernières semaines, nous aient poussés à penser à la façon dont nos vies devaient s’infléchir, comment nous devions nous réfléchir. La pleine lune, comme à son habitude, a précipité des départs, pour laisser la place aux nouveau-nés. L’éclipse qui l’accompagnait a ajouté à la confusion des émotions, exacerbant ma perception du temps. Je m’interroge sur la façon dont nous surpassons nos épreuves, sont-elles inscrites dans nos chemins, les provoque-t-on ? Les fractures de vie que nous avons déjà vécues, sont elles des ponts pour dépasser les prochaines ? C’est cette expérience des cycles et des passages que j’explore au travers de deux oeuvres que je vous ai montrées, l’une achevée, l’autre en cours, sans vous en donner les clés. Suite…

Invisible dog – 7 – Premier quartier -

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Doucement, tranquillement le soleil se reflète sur l’astre miroir et dévoile sa présence rassurante. Comme la plante lentement émerge du sol, je sors du noir. Petit à petit se déploient les idées germées dans la première période rendant tangible sa matérialité. Dans la période précédente, la vie et la mort étaient intimement imbriquées, dans l’obscurité comment savoir ce qui commence et ce qui finit ? Le premier quartier de lune remet de l’ordre et, comme l’étoile, indique au berger sa direction. Suite…

L’invisible Dog est une ruche -

Fil de pensee 1 en cours detail 18
L’air ici est différent, intense, il balaye fermement les doutes et ceux qui les ont.
J’ai commencé lundi denier à travailler à l’Invisible Dog me mouvant entre mes recherches personnelles, la collaboration avec Anne et la découverte de ce lieu incroyable qu’est l’Invisible Dog.
Jusque dans les années 90, l’immeuble était une fabrique de ceintures. Les laisses pour chiens invisibles en avaient assuré un temps le succès. En 2009 l’espace est repris pour promouvoir l’art sous toutes ses formes. C’est un espace de création et d’exposition. Suite…