Matza | 1 | Abandon du connu, abandon à l’inconnu

Je vous parle souvent de l’inconnu, et mes dernières semaines m’ont amenée à y réfléchir autrement.

Riche de l’exploration du dedans et du dehors de Call In et Call out, deux nouvelles actualités s´offrent à moi. 

La première est organisée par Severin Guelpa, artiste Suisse. Il m’invite dans son projet éthique, humain, écologique et artistique autour de l’eau : Matza. pour deux semaines d’exploration dans les îles Kerkennah en Tunisie. Le résultat sera exposé au musée National du Bardo de Tunis. 

La seconde est l’invitation, par le Fond d’art contemporain de la ville de Meyrin, à investir le jardin Botanique Alpin, avec 4 autres artistes pendant tout l’été autour du thème des Nids, Terriers et autres refuges.

La panique est venue avec le second projet. Quand elle a fini pas passer, quand j’ai apprivoisé ma peur, m’efforçant de poser un pied après l’autre, quand finalement elle est partie faute d’objet, je me suis demandée pourquoi, le saut dans l’inconnu d’un sujet que j’ai peu abordé avec des artistes, architectes, sociologues jamais rencontrés, en Tunisie m’emplissait de gourmandise, tandis que de rendre un dossier détaillé sur une œuvre, 3 mois avant sa réalisation, me paralysait ?

Vous le savez, j’ai  régulièrement eu la chance de partir dans l’étranger, et de m’abandonner à ce qui est au delà de moi. J’accepte que mes mains sachent et créent ce qu’elles doivent. Elles sculptent, elles écrivent, elles brodent, elles assemblent, elles inventent, elles font sens de ce qui se présente à elles. Anticiper le hasard, ou pire l’empêcher d’advenir en temps utile de création par trop de rationnel m’emmenait finalement au delà de moi, de ma croyance en l’instant. Je ne savais plus, je n’avais pas besoin de savoir mais ne le pouvait comprendre.

Laisser vivre l’inconnu pour que le possible advienne, c’est accepter que cet inconnu se présente longtemps avant toute réalisation.

Mon dossier est parti pour Meyrin, je vais bientôt m’envoler vers la Tunisie où  je vous emmène. Nous verrons bien ensemble si nos pas vers l’inconnu se re-concentrent dans le temps avec tous nos autres mouvements, s’ils sont des annonces. Cet inconnu  se circonscrira-t-il  dans des vérités déjà vécues, des apprentissages déjà commencés ?

Je vous aime, laissons le hasard nous nourrir, jusqu’à ce que nous nous rencontrions.

 

Vous trouverez d’ors et déja les invitations aux portes ouvertes  le 1er avril à Kerkennah et le 14 avril au vernissage au Musée du Bardo.

Nids, terriers et autres refuges|Jardin Botanique Alpin, Meyrin|projet|2017