Yama – 9 – Renouveau -

Le monde est entier, il se reflète en nous et fait miroiter ce qui nous habite, la lumière et l’ombre. Il a encore une fois montré notre part obscure. Puisque nous avons le choix, j’ai décidé de vivre dans un monde d’amour et de confiance.

Ainsi je pars les 4, 5 et 6 avril en Israël une nouvelle fois, pour conclure ce merveilleux projet de Yama. Je vais capturer une partie de ce que j’en retiens. Dans cette chorégraphie du temps qui passe, je vais, à partir du final en réinterpréter la morale et la capturer en vidéo. A chaque instant au bord de nos vies nous muons, prêts à tous les abandons et tous les renouveaux. Dans ces moments charnières, tels des chenilles en mutations, nos cocons sont ils nos linceuls ou nos chrysalides ? Suite…

Yama – 8 – Le réel -

Je me suis demandée ce que je devrais partager pour ce dernier post de la série Yama.


Devrais-je vous raconter la première, le succès, l’enthousiasme et l’inquiétude, les salles pleines, l’émotion, la mienne celle des spectateurs, les fleurs sur scène, la confrontation du réel au rêvé. Devrais-je, enfin, vous décrire le décor, le ciel menaçant et familier, le noir tour à tour léger et lourd, les cubes qui apparaissent, disparaissent, encadrent et contraignent, décrivent un monde intérieur et omniprésent.
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Yama – 7 – Devenir Spectateur -

Quand les lumières se sont rallumées,  je ne voulais plus partir. J’avais, pendant 4 jours fait corps avec le théâtre le décor et la danse. Le noir profond et velouté, les lumières chaudes et mouvantes tapissaient mon nid.A l’issue des quatre jours de répétition sur scène, où Noa et Rina ont construit des tableaux, associé les lumières, ajusté les transitions, coupé et réorganisé les scènes, une certaine forme de vérité s’est figée dont nous verrons la magie sur scène dès le 4 février.La tâche avait semblé insurmontable, le décor était un monstre que nous devions apprivoiser, pour le faire danser avec la scène, les lumières, les danseurs. Rina et Noa suivaient un fil que je ne voyais pas toujours, novice que je suis. Suite…

Yama 5 – Que nos lumières se rallument -

Juste avant que ne se finisse l’an païen je suis retournée en Israël sur les traces de ce qui va être. Nous sommes remontés sur scène. Depuis la fin novembre les cubes ont été construits, il leur manquait encore leurs robes, pour que la scène nous renseigne, nous leur en avons inventés. Les costumes, tribaux et sombres viennent souligner le moment de vie que les danseurs vont interpréter. Il n’est pas encore figé.

L’an chrétien, commencé et fini dans le sang, ne dictera pas l’humeur de cette pièce. S’il y fait nuit, les étoiles veillent. 

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Yama – 4 – Ce qui est possible -

Je rentre d’Israël où à eu lieu notre première répétition sur scène. Pour la magie du spectacle, je ne vous révélerais pas (encore) le monde que nous construisons, mais je partage avec vous la magie de la création. Comment une idée, un dessin, des intuitions conjuguées, beaucoup de confiance nous mènent. Je ne reviens pas sur les doutes, seulement sur les infinies petites voix qui nous guident.

Les images fugaces qui surgissent au cours de nos longues conversations avec Noa et sa soeur co-chorégraphe, Rina, les pages de mon carnet où sont consignées leur traduction en idées, ces pages que l’on tourne en arrière quand les idées reviennent encore et encore sans être éliminées. La semaine dernière en arrivant au village, tous les décors imaginés étaient encore envisagés, des gazes, des cercles, des mouvements latéraux et des mouvements verticaux, tout était possible, rien certain.

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Yama – 3 – De doutes en créations -

Je vous ai laissé avec mon dernier post, je  le sais , dans le doute. Vous vous êtes interrogés sur l’etat de mon moral, certains que l’histoire que je vous racontait ne pouvait avoir qu’une fin heureuse. Vous aviez tort et vous aviez raison.

Tort, car alors que je vous écrivais, j’avais déjà sur ma route reconnu tous ces gens, ces mains que je ne vois généralement pas, n’attrape généralement pas, de peur de me dissoudre. Ce tout nouveau chemin, que j’ai pris avec les décors est celui de la collaboration et du partage. Accepter de l’aide n’est plus disparaître. Muriel, Alexi, JeanF, Cathy, Tisa, Camille et tous ceux qui depuis des mois me prêtent leur savoir, leurs mots, leur temps et vous tous qui me rendez de l’amour, faites de ce projet, une histoire de vie et de sagesse. Alors que je vous écrivais la dernière fois, le doute avait créé en moi de nouveaux espaces d’accueil.

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Yama – 2 – Tensions et abandons -

Je suis partie vaillante et tremblante, guerrière et inquiète pleine de ce que je crois être (une artiste), vide de ce que je peux. Après un été de doutes paralysants où chaque idée se fracassait sur le mur du possible, j’avais finalement soumis à Noa un projet sur lequel nous travaillions, fait de gazes de rouges mouvant et je venais en Israel le confronter au réel de la scène et de la danse.

Ce fut un séjour d’abandons. Abandon du connu et abandon à l’inconnu. Les gazes n’ont pas domestiqué la scene, leurs couches superposées donnant en complexité ce qu’elles devaient simplifier. Rina, la soeur et interprète, chorégraphique, de Noa me disait que je devais faire un cadre aux danseurs, pour créer de la tension. Je ne comprenais pas. Suite…

Yama – 1 – Semer des utopies -

Me revoici, pleine de l’ébullition silencieuse de ces mois d’été, prête aux récoltes et aux partages. Les semis du printemps ont germé. Je m’apprête à retourner sur les terres qui dansent. Noa m’a demandée de créer les décors de son prochain spectacle, Yama. Il y est question d’eaux symboliques : de féminin et de masculin, tous sujets qui me questionnent depuis longtemps. Pourtant cette requête m’a mise en trouble. Se sont inscrites en moi des lignes indéchiffrables et indélébiles, séparant les temps, là où je croyais être et là où je vais, ce que je crois de ce que je suis, sans que je puisse me repérer entre l’avant de l’après le haut du bas, le réel et le reste. Suite…